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Généalogiste Familial Professionnel, Diplôme Universitaire Généalogie et Histoire des familles de Nîmes - mention Bien. Interventions scolaires, recherches, accompagnement et formations. Zone géographique Languedoc-Roussillon.

samedi 14 juin 2014

K comme mes KLEM d'Obersaasheim


Une fois n'est pas coutume, je parlerai d'une branche alsacienne de mon arbre : les KLEM.




Ma plus proche parente de ce patronyme est Marie-Louise KLEM, mon sosa n°27, soit la mère de mon arrière grand-mère, Madeleine LAMAZE.








Marie-Louise est née dans le Haut-Rhin, dans un petit village au sud-est de Colmar, situé à 5 km du Rhin et donc de la frontière.




Elle est née le vendredi 17 mars 1882, 3 ans après son frère Georges et quittera le pays avec sa famille grâce à une opportunité professionnelle de son père alors papetier.

Ses parents, Georges Goar et Madeleine ADAM, se marient le 26 septembre 1872...La guerre est finie depuis vingt mois...Ils sont prussiens depuis.





Leur fils, Georges, partira avec les poilus du 122ème RI en 1914, à 35 ans...Il fera toute la guerre....Sa vie s'arrêtera le 21 septembre 1918, terrassé par le gaz...




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Le père de Georges Goar KLEM, c'est François Galles, il est journalier.




Né en 1803 au village, il se marie le 22 janvier 1828 avec Catherine BAUMGARTNER, de Geiswasser.




La mère de Catherine, c'est Catherine AMBIEL de Dessenheim dont voici l'ascendance :





Le père de François Galles, c'est Michel KLEM, journalier aussi, le premier a avoir perdu un M à son nom...


Né le 30 août 1757 au village, il se marie le 25 novembre 1782 avec Catharina BÖSCH de Weckolsheim dont voici l'ascendance :



Michel décède le 19 octobre 1827.




Le père de Michel, c'est Sebastien KLEMM, laboureur, cordonnier.

C'est le dernier à avoir deux M.


Né au village en 1716, marié à Anne Marie GROSS en 1756.

Son père, c'est aussi Sebastien, né en 1684, Agriculteur Bourgeois, marié en 1710 avec Madeleine SCHAEDELIN.




Sebastien est mon sosa n° 864, à la 10ème génération.

Nous sommes toujours à Obersaasheim, le père de Sebastien vient au monde vers 1664, c'est Michel KLEMM.

Il se marie en 1684 avec Madeleine SUTER.


Je ne vais pas plus loin.





(sources : AD68 - Google maps - docs perso - Heredis14 - )

J comme Jean JEANNOT, père et fils...bio familiale






Vomécourt-sur-Madon....








Nous sommes le 22 novembre 1701, le siècle débute....Il fait froid dans les Vosges...

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Louis XIV a 63 ans, il va encore régner 13 années...

La guerre de succession d'Espagne a commencé depuis le début de l'année et ne finira qu'en 1714...

Mais le Roi Soleil ne maîtrise plus la Lorraine qui appartient à Léopold Ier, Duc effectif depuis 1697.


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Les frimas sont déjà piquants, la neige n'a pas attendu la Noël...

Pourtant, Jean et Nicolle vont se marier aujourd'hui.


Lui, c'est Jean JEANNOT, de Xaronval, il a eu 22 ans il y a dix jours. 
Son père, c'est Ferry, il a 48 ans, dans 5 ans, il ne sera plus là... Une fièvre de 5 jours...






Sa mère, c'est Ignace PERRIN, elle a 53 ans. 
Elle aussi sera malade, mais elle ne s'éteindra qu'en 1728 à 80 ans à Xaronval.







La mariée, Nicolle POINSOT est une fille d'Hergugney.
Elle aussi a 22 ans.

Son père, Jean, est manouvrier, il a 55 ans.
En 1723, il partira à l'âge de 77 ans.




Sa mère, Anne PERNET, n'est âgée que de 41 ans.
Elle suivra son mari en sépulture vingt mois après lui....





Voilà pour les parents des mariés.



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On se dépêche....

Le froid pénètre la petite église romane de Vomécourt....





Les pères sont présents, le curé, les témoins également, on ne perd pas de temps, le repas et le feu attendent à la ferme....






Jean JEANNOT est laboureur, il sera Admodiateur de la ferme de Xugney après le décès de son frère Pierre.

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Deux années passent...

Le 5 décembre 1703, Nicolle met au monde un fils, qu'ils prénommeront Jean...




(à noter l'orthographe du lieu de résidence du parrain et de la marraine "Charonvalle" pour Xaronval)


On l'appellera le Jeune, il sera laboureur, lui aussi et se mariera avec Jeanne HAXAIRE née en 1707 à Hergugney.




Jeanne est le pivot d'un changement orthographique de son patronyme.

De HAXAIRE à HACHARD...et vice-versa....




On retrouvera HAXAIRE seulement à son décès :





Jean JEANNOT le Jeune et Jeanne HAXAIRE sont mes sosa n° 460 et 461 à la 9ème génération.



Charles MATHIS est mon arrière grand-père.

Son père, Marie Charles Athanase sera baptisé dans cette église, lui aussi....




(Sources AD88 - Google maps - arbre perso H14 - http://la-lorraine-se-devoile.blogspot.fr/2010/09/eglise-romane-saint-martin-vomecourt.html - https://sites.google.com/site/lorraineromane/vomecourt-sur-madon )

mercredi 11 juin 2014

I comme Idiome vosgien


Comment qu' c'est, gros ?

Regardes-voir, vas-t'en donc au d'vant d'l'aut'-là,.....Môôônnnnhhhh, 
T'es tout resgreuilli, avec s'te bise..., te vas chopper la mort....



En hiver, dans les Vosges, quand il fait noire nuit et que ça fieute, c’est que la nuit est très sombre et que le vent souffle fort. 






A l’époque, dans les maisons, les gens se règuêfyé (recroqueviller) près du feu allumé avec des schnattes (petit bois sec).





Pour s’occuper, ils faisaient des bosselles (paniers), des sénates (panier de rangement) ou faisaient le couarôye (bavarder). 




Afin de préparer le retour des beaux jours et des travaux extérieurs, il fallait entretenir, réparer ses èbèhhes (outils).




Pour se r’cinquer (se sentir mieux): une bonne golâye (bouchée) de trique de lard et de tapé de choux (fine tranche de lard et potée).






...Alors vous êtes encore baubi? (Vous êtes curieux de savoir?). Alors continuons…





On ne vous le souhaite pas mais si vous vous cassez la marouette (figure) c’est que vous avez fait une valdingue (chute).


Les skieurs au téléski montent d’afile c’est à dire l’un à la suite de l’autre.





En rentrant si vous beheutez (toussez) c’est que vous avez peut-être pris froid.

Pour petits et grands il y a aussi possibilité de faire de la schlitte (luge) sur les podan (pentes) des Vosges.


Tombe la neige...

 Si en vous réveillant le matin, vous voyez qu’il est tombé une palté de neige (grosse épaisseur de neige) il faudra surement faire une frayée (un passage) pour sortir de chez vous.




Si à un croisement de chemin quelqu’un vous dit: « on a eu une de ces fwanguesses, c’est blanc partout » comprenez « Il est tombé une si forte giboulée que c’est tout blanc partout ».


Les enfants autour de vous sont tchédjailles (mal luné) c’est surement qu’ils font la neige (qu’il va neiger).

Par grand froid vous pourrez être certain que le bêtche (bassin d’eau) sera gelé. 



Les petites expressions :

Gobloter est une bien mauvaise habitude qui consiste à grignoter entre les repas.

Marande est le petit « goûter » de 16h, bien utile pour récupérer des forces pendant une journée de ski.

Le cornet est le sac en plastique des supermarchés ! Attention à la subtilité qui veut qu’une « paire de cornets » désigne « plusieurs sacs en plastiques ».

La clanche, quant à elle vous sera utile pour ouvrir les portes, puisque ceci désigne une « poignée ».

Les bamboches : vous les apprécierez pour vous réchauffer les orteils en revenant de La Bresse – Hohneck cet hiver ! Ce sont bien évidemment des pantoufles.


Les gens et les animaux :


La cacatte désignera quelqu’un de très bavard.

Un haltata est une tête brûlée, une personne qui n’a peur de rien.

Enfin la bacelle désignera une jeune fille !


Quelques usages de prononciation :

Metz : on le prononce "Mes", le "t" est superflu.


Vingt : ici, on prononce le "t", car le vin ça se boit! (avec modération)


Gérardmer : prononcez "Gérardmé", alors que Longemer se prononce "mèr", comme Retounemer.


Les prénoms sont souvent précédés d'un pronom : le René, la Josette...


Le mot parfois n'existe pas, il est remplacé par : des fois.


A la royotte, à la royure : à la prochaine, à bientôt.


Les accents circonflexes " ^ " sont généralement très bien marqués.


Môôôn : marque l'expectative, 
si vous restez quelques jour vous n’échapperez pas à cette interjection très répandue qui est en réalité l’abréviation de « mon Dieu ! ».






Quelques verbes :

Brailler : crier
Beugner, frâler : cogner, casser
Schlitter : glisser, en référence aux anciens sagards
Chmiquer : sentir (généralement mauvais)
Brôyer : faire quelque chose de pas normal :"qu'est-ce qu'te broyes ?"
Teusser : boire (principalement de l'alcool)
Feugner : fouiller






Quelques mots :

Peût : qui n'est pas de toute beauté
Nonon : oncle
Tatan : tante
Un cornet : un sac plastique, un sachet, une poche, un pochon...
Fagotté : habillé bizarre
Beuloux : myope, mal voyant
Broyotte : braguette
Zaubette : gamine généralement malicieuse
Chnobottes : sortes de bottes en cahoutchouc que l'on mettait sur les chaussons, en voie de disparition, a protéger d'urgence!
Couaroye (faire le) : discuter, bavarder (les cacattes font le couaroye)
Squé : une sorte de (un squé truc)
Moho : ferme, maison
Chavande : bucher de la Saint-Jean
Epinette : instrument traditionnel, cithare à cordes pincées





A table :

Brimbelles : myrtilles
Meurotte : vinaigrette (chôd meurotte = salade de pissenlits, lardons frits, oeuf poché)






Vaûtes : nos beignets
Kneffes : agglomérat de farine, d'oeuf et de lait cuit à l'eau
Toffaille : "ragoût" de pommes de terre, d'oignons, de lard et de vin blanc
Lard : l'une des 4 pattes de la table vosgienne avec le chique, les patates et le Géromé (Munster)
Chique : fromage frais agrémenté de ciboulette et d'échallotte, parfois d'ail, salé et poivré





Hô noir : pommes de terre cuites à l'eau avec la peau (Hô blanc : sans la peau)
Gnôle, goutte : eau de vie







Une golâye : une rasade, une bouchée
Une lichette : une petite quantité

La migaine : si vous entendez ce mot ne pensez pas que votre interlocuteur est sujet aux maux de tête, il s’agit en effet de la préparation à base d’œuf et de crème utilisée dans la recette des fameuses quiches Lorraine 

Une kmotierre : difficile de deviner qu’il s’agit ici … de pommes de terre (se prononce parfois « k’mo dè terre ») 

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Pour aller plus loin : 

https://www.youtube.com/watch?v=zeucB6al09c

https://www.youtube.com/watch?v=zPGKVaPm418

https://www.youtube.com/watch?v=mqDXsaqToXI

https://www.youtube.com/watch?v=vrcpJkV3rto


Je vous aime, mes Vosges, vous êtes le berceau de mon sang, l'air qui a fait grandir mes ancêtres, le feu qui les a construit, l'eau qui les a nourrit...


Je revis lorsque je passe la tête par la fenêtre au col du Bonhomme....


Min Dieu dûn......





( sources : mes racines.... t'as ka vouère, la fois-là ! ...)

dimanche 8 juin 2014

H comme Houeran, Hiltiti et autres Histoires Hallucinantes


Le Houéran était une créature imaginaire dont le nom vient du patois vosgien signifiant «crieur». 



Ce monstre géant terrorisait le sud des hautes-Vosges sur un territoire passant par le Haut-du-Roc, les roches d’Urbain Roche et le Saint-Mont. Il descendait parfois jusque près de Dommartin. 

Cet être fantastique vivait principalement sur des sommets, ou il pouvait avec une vue perçante contrôler les vallées environnantes. 

Ses hurlements stridents « Houe ! Houe ! » glaçaient le sang des bûcherons mais surtout celui des voleurs de bois. Car ces derniers opéraient de nuit, et sitôt sur les lieux ils allumaient un grand feu au milieu d’une clairière et commençaient l’abattage d’arbres ou le pillage de tas de bois. Il était fréquent que le Houéran attiré par le brasier, sorte de l’obscurité en hurlant.





Des témoins le décrivaient comme un géant à la longue barbe rousse et hirsute, portant un chapeau noir à bords rabattus. 
Il avait les jambes et le torse d’un bouc et ses yeux flamboyants. Son postérieur était celui d’un bouc dont les cornes servaient à s’assoir près du feu.
 Il possédait le pouvoir de prendre avec ses mains des tisons ardents qu’il lançait à plusieurs centaines de mètres. 

A son approche, les chapardeurs de bois s’enfuyaient à toutes jambes craignant ce cousin des démons, sorciers et autres sotrés qui peuplaient le massif vosgien. 
Ce monstre dont le principal rôle était d’effrayer les détrousseurs de bois, était sans doute une invention de quelques gardiens qui comprenaient que la peur d’un être mystérieux était plus dissuasive que celle du « gendarme » !!





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Le Hiltiti est un oiseau fabuleux des Vosges, le seul qui ait quatre pattes et qu’on appelle à la rescousse lorsque les enfants ne sont pas sages…


« le Hiltiti vient piquer les yeux des garnements qui pleurent pour rien ou qui sont trop curieux… »





Il a un peu le rôle social du Marchand de sable ou du « Peût-Homme », mais avec une aura d’une plus belle dimension.
Etrange créature, sortie tout droit de la mystérieuse galerie d’animaux imaginaires dont s’entourent les hommes depuis si longtemps.


A y regarder de plus près, cependant, la bestiole est moins imaginaire qu’il n’y parait.
Si l’on tient compte des éléments qui nous sont connus, le bec, le cou, la longueur des pattes, on retrouve vite son égal chez Jean de La Fontaine :  "Le héron au long bec emmanché d’un long cou".


De plus, étant donné la teinte rouge du cou et du plastron, nous sommes visiblement en présence du héron pourpre.





Pour souligner les émotions et préciser les sentiments, les récits des anciens mythes s’agrémentent souvent de couleurs vives. 
Partout, les nuances éclatent, chargées de significations : le rouge indique la puissance et la cruauté, le bleu parle de jeunesse et de beauté, le jaune annonce la gaité et la folie, le vert signifie tendresse et espoir, l’orange le soleil et la malice, le blanc la fraicheur et la pureté, etc…

Le héron pourpre a donc été choisi pour sa couleur et peut-être aussi pour la forme de son crâne.

La coutume y place en effet son oeil unique et haut perché qui lui permet de regarder partout à la fois, y compris à travers les murs.


Quant à son nom pour le moins curieux de Hiltiti, il s’explique aisément. Sans doute s’agit-il d’une onomatopée provenant de son cri, identique au « croâ-croâ » du corbeau, ou au « cri-cri » du grillon.

Mais plus intéressante semble être son évidente parenté avec l’oiseau Piou-Piou de Bretagne qui, lui aussi, a la particularité de s’en prendre aux yeux. Plus particulièrement aux yeux des filles qui regardent trop hardiment les garçons.



Le jeunes bretonnes en éprouvaient parait-il une si grande crainte, qu’elles n’hésitaient pas à se retrousser pour se protéger le visage, laissant voir leurs jupons, ce qui plaisait infiniment aux garçons ;)


Le Hiltiti qui sait voir à travers les murs et se rendre invisible à volonté se trouve être le héros de multiples légendes.

Si vous ne les connaissez pas, inventez-les !

Nous savons tous aujourd’hui combien ces domaines de l’imaginaire et du fantastique sont importants pour le bon développement intellectuel de l’enfant.

(Le Hiltiti et le Piou-Piou ont une parenté certaine avec les trois merveilleux oiseaux de Drutwas, une des femmes-fées de la tradition celte. En effet, Adar, Lyouch et Gwin, qui eux aussi comprennent les paroles humaines, font tout ce que les hommes leur demandent, y compris les choses impossibles)

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Voici pour finir, quelques traditions et coutumes vosgiennes qui sortent de l’ordinaire.


Quelqu’un vient-il à mourir à Saulxures, à Rochesson, à Raon-aux-Bois et dans quelques autres communes voisines? On s ’empresse de changer le lit du mort, et l’on emporte la paille sur un grand chemin pour y être brûlée. On remarque avec la plus vive anxiété de quel côté va la fumée de ce feu ; celui vers lequel elle se dirige doit mourir le premier. 

Dans quelques villages de l’arrondissement de Remiremont, lorsqu’un enfant meurt, on invite ses petits camarades à le veiller et, à minuit, on leur sert un riz au lait. Un malade n’y meurt qu’avec un cierge allumé qu’on lui a mis dans la main ; on lui ferme ensuite la bouche et les yeux ; sans cette précaution, quelqu’un des assistants ou de ses parents ne tarderait pas à le suivre.

Une femme enceinte qui servirait de marraine, en certains endroits, mourrait dans l’année et son filleul également. 

Un chien perdu qui aboie près d’une maison présage la mort d’une des personnes qui l’habitent. Il en est de même des cris d’une chouette sur une maison. 

On interprète différemment, selon les lieux, le bruit que font les meubles en se disjoignant. Ici ce bruit annonce qu’une âme en souffrance dans le purgatoire demande une prière ; là, il présage la mort prochaine d’une personne de la maison. Il est du plus fâcheux augure, dans une foule de localités, que la cloche de l’horloge vienne à sonner pendant l’élévation. On croit qu’il y aura bientôt un mort dans le village. 
Dans un grand nombre on dit encore, lorsque la Noël tombe le vendredi, que le cimetière en aura sa part ; ce qui signifie que l’autorisation de faire gras un tel jour doit amener une grande mortalité pendant l’année.
Quand un chef de famille décède, on est dans l’usage, dans presque toute la contrée, de suspendre aux ruches une étoffe noire ; les abeilles, sans cela, partiraient dans les neuf jours. Dans quelques endroits, on leur met aussi un morceau d’étoffe de couleur, un jour de mariage, pour leur faire partager la joie.
Une jeune fille désire-t-elle connaître l’époux qui lui est destiné ? Il faut qu’une de ses amies glisse, tout à fait à son insu, dans son sac à ouvrage et le jour de la Saint André, une pomme de l’année. La jeune fille la doit manger en se couchant et en ayant soin de dire avant de dormir : « Saint André, faites-moi voir celui qui m’est réservé ! » et le jeune homme lui apparaît dans un songe. 
La jeune fille qui se marie avant ses soeurs aînées, leur doit donner à chacune une chèvre et un mouton le jour de son mariage ; déroger à cette coutume serait s’attirer de grands malheurs. Celle qui envoie un chat à son amant, lui donne congé.
Quand un mariage a lieu, celui des deux époux qui, après avoir reçu la bénédiction nuptiale, se lèvera le premier, sera le maître dans la maison. Il est rare que la mariée se laisse prévenir. La jeune fille qui a mis la première épingle à la fiancée doit elle-même se marier dans l’année ; il n’en est pas ainsi de celle qui marche sur la queue d’un chat. L’épingle que les jeunes filles jettent dans une fontaine, située près de Sainte-Sabine, lieu de pèlerinage, dans les forêts de Saint-Étienne, arrondissement de Remiremont, leur annonce, si elle surnage, un mariage prochain.
Bien des personnes pensent que si elles ont de l’argent sur elles la première fois qu’elles entendent, au printemps, le chant du coucou, elles ne manqueront pas d’en avoir toute l’année. 
Une étoile qui file annonce qu’une âme entre dans le purgatoire ou qu’elle vient d’en être délivrée : dans ce doute, on lui doit une prière. 
Rencontrer, au départ, deux brins de paille ou deux morceaux de bois placés par hasard en croix, est d’un très mauvais augure. Cela suffit quelquefois pour faire suspendre un voyage à bien des gens. Deux couteaux mis de la sorte sur la table, par la maladresse d’une domestique, ne sont pas vus d’un meilleur oeil.
Une poule qui imite le chant du coq, annonce la mort du maître ou de la maîtresse : aussi l’on ne fait faute de la tuer et de la manger, comme unique moyen de prévenir le malheur qu’elle présage. 
Homme ou femme qui veut avoir sept jours de suite de beauté, doit manger du lièvre. 
La bûche que l’on a mise à l’âtre la veille de la Noël est retirée soigneusement du feu avant qu’elle soit entièrement consumée. On l’éteint avec de l’eau bénite, et on la conserve toute l’année comme préservatif contre le tonnerre. 
Ceux qui se lèvent de bonne heure le jour de la Trinité, peuvent, s’ils sont en état de grâce, voir lever trois soleils. Des malheurs inévitables sont attachés aux voyages entrepris ce jour-là.
L’hirondelle est regardée comme portant bonheur à la maison où elle a construit son nid. Aussi l’on a soin de laisser ouvertes nuit et jour les fenêtres des chambres où elle a établi sa demeure. 
On croit aussi que la bénédiction du ciel descend sur les foyers où le grillon fait entendre son chant. Il est accrédité, dans quelques endroits, que le soir, dans l’été, on entend parfois, dans les airs, une troupe de musiciens qu’il est fort dangereux de rencontrer. On l’appelle Mouhiheuken ; il faut, pour ne pas en être mis en morceaux, se coucher le ventre contre terre.
Il y avait, dit-on, autrefois dans l’église de Remiremont les statues de trois saints, nommés saint Vivra, saint Languit, saint Mort. Lorsque quelqu’un était malade, on faisait brûler un cierge devant chacune d’elles. Le dernier qui s’éteignait annonçait si le malade guérirait, languirait longtemps ou mourrait. Ces statues n’existent plus aujourd’hui. 
La croyance aux follets, aux esprits se reproduisant la nuit sous la forme humaine, aux loups-garous, est encore généralement répandue dans la campagne. 
Quant aux sorciers, on en admet de deux espèces, de bons et de mauvais, qui donnent des maléfices ou qui en délivrent. Une lutte s’établit entre eux pour cela ; le plus savant est celui qui triomphe de l’autre. 
Il est encore plusieurs villages où l’on parle d’un chasseur mystérieux qui, depuis des milliers d’années, parcourt avec une nombreuse meute les vastes forêts de la contrée. Cette chasse se renouvelle à diverses époques de l’année et dure plusieurs nuits de suite. Malheur à l’homme qu’il rencontre sur son passage ! Bien des voyageurs égarés ont été, dit-on, la proie de ses chiens affamés.

On croit encore, en certains endroits, au pouvoir des fées, et plusieurs localités ont conservé des noms qui attestent combien elles y étaient en vénération. 
Dans la commune de Bresse est une ferme dite des Fées. Sur la montagne d’Ormont se trouve le porche des Fées. Un hameau de la commune d’Uriménil est nommé Puits des Fées. Le pont des Fées, situé près de Remiremont, est une vaste construction en pierres sèches, que le peuple attribue à ces divinités du Moyen Age.