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Généalogiste Familial Professionnel, Diplôme Universitaire Généalogie et Histoire des familles de Nîmes - mention Bien. Interventions scolaires, recherches, accompagnement et formations. Zone géographique Languedoc-Roussillon.

mardi 25 juillet 2017

L'histoire d'Élise et Augustin

Mercredi 19 juillet 2017, je flâne devant les étals des bouquinistes, quai Vauban à Perpignan.

Après une belle trouvaille de contrats de mariage de 1874 et 1867 et surtout une quittance de 1664 sur parchemin, je demande au vendeur s'il a quelque chose genre cartes postales de 14/18...



Un petit classeur usé, quelques dizaines de cartes...

Une série m'attire, c'est le même graphe... c'est une correspondance, YES !

Je trouve 10 cartes écrites par un homme à une femme... Augustin et Élise.

La première date de février 1914 et la dernière de décembre 1917.

Je règle le lot et rentre à la maison surexcité, impatient de découvrir qui, où, quand, quoi, comment, pourquoi... réflexe de généalogiste...

Je cherche, je trouve... ils s'aiment... je kiffe :)

Nous allons donc partir avec Augustin tout au long de son parcours de Poilu et Élise qui reste au pays, en 10 épisodes.

Aujourd'hui, nous allons découvrir qui sont ces amoureux ainsi que la première carte postale ci-contre.

Élise Apollonie Delphine S. vient au monde le lundi 30 mai 1892 à 8 heures du matin dans un petit village de l'Hérault.
Son père, Pierre Pascal S. a 29 ans, il est menuisier... il deviendra patron. Sa mère, Marie Joséphine Henriette R. est âgée de 21 ans. Ils se sont mariés 3 jours avant sa naissance, soit le 27 mai... 

Augustin Marie Pierre C. naît le jeudi 21 février 1889 dans une commune de l'Aude.
Son père prénommé également Augustin, est âgé de 38 ans, il est charron. Sa mère, Rosalie Marie T. a 27 ans. Ils se sont mariés en mai 1882.


Élise aura une soeur et deux frères : Olympie (1896), Raymond (1899) et André (1913).

Augustin sera le grand frère de Marie, née en 1895.

Selon les dénombrements de population trouvés sur les deux communes des tourtereaux, chacun reste dans son village, sagement...

En 1909, Augustin est recruté sur le bureau de Narbonne, il est signalé comme "Étudiant à l'École Normale Supérieure". Il part début octobre 1910 faire son service au 6e Groupe d'Artillerie à pied comme 2e classe.
Il est 1er Canonnier servant en octobre 1911 et renvoyé dans ses foyers fin septembre 1912.

Le temps passe jusqu'en février 1914... Augustin va avoir 25 ans, Élise en a 21.


Quatre jours après la Saint Valentin, le 18 février, Augustin écrit à Élise :



"Ma chère Élise,
Il me semble qu'il y a longtemps que je vous ai quittée, tellement je n'éprouve de vraie joie que lorsque je suis près de vous. Et c'est pour m'en rapprocher davantage, du moins par la pensée, que j'éprouve le besoin de vous écrire quoique je n'aie pas grand'chose à vous dire, sinon des choses affectueuses.
Ce qui calme mes regrets, c'est l'espérance de vous revoir dans quelques jours. En attendant ce moment délicieux, je vous aime pour toujours bien tendrement, 

Augustin"

Il est à noter que cette carte est la seule de la série comportant un timbre, les autres datant du conflit.

Celui-ci est collé avec un fort penchant à gauche signifiant "à bientôt" ou "Mes tendresses" selon le langage des timbres.







La Grande Guerre aura éclaté depuis 3 semaines quand Augustin écrira la seconde carte...

Mais..."Jusqu'ici... tout va bien..."

___

Sources : 

  • illustrations 1 et 2 : carte postale originale
  • Illustrations langage des timbres : Delcampe
  • Archives Départementales de l'Aude et de l'Hérault



6 commentaires:

  1. Bonjour Fabien
    SUPERBE !!! Merci de ce très beau partage et Très Belle Histoire d'Amour
    Vous êtes très romantique Fabien.. Mais vous le portez sur Vous
    A très bientôt pour le 2nd volet
    En attendant excellente journée et continuation
    Cordialement
    Martine. Egalement (lafourasine) sur Geneanet

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  2. Bonjour Fabien, Quelle belle idée une histoire d'amour à suivre, et des lettres galantes, du temps ou les hommes disaient leur désir avec élégance. Moi j'ai gardé tous mes courriers même ceux qui n'ont plus cours, ils finiront sur un étal peut être et avec un peu de chance, peut être qu'un génialogiste viendra fouiner. sylvie sgalli geneanet

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  3. Bonjour Fabien, ce nouveau billet sur ton blog est une agréable surprise.
    Travaillant moi aussi sur la correspondance d'un couple entre 1914/18, je reconnais bien le style de l’écriture amoureuse, tendre et désuète. Je vais vérifier si les rares timbres qui ont été conservés pourraient parler.

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